Truvada : les questions que vous vous posez

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Ce lundi à l’Assemblée, Marisol Touraine a annoncé l’autorisation prochaine du Truvada, cette molécule qui permet à des personnes à risques de ne pas être contaminées par le VIH. Voici les réponses aux principales questions que vous vous posez sur ces petits cachets bleus.

Le Truvada, c’est quoi ?

Truvada est le nom d’une co-formulation de deux médicaments anti-VIH à dose fixe : il s’agit d’une seule pilule renfermant à la fois du ténofovir (Viread) et du FTC (emtricitabine, Emtriva). Ce cachet bleu, déjà administré à des patients séropositifs, a aussi montré de premiers résultats prometteurs en matière de prévention : l’antiviral réduirait de manière spectaculaire le risque d’être contaminé lors d’un rapport sexuel non protégé.

Comment ça marche ?

Si une personne séronégative prend du Truvada 24h avant un rapport sexuel « à risque », puis une nouvelle fois deux heures avant et une troisième fois le lendemain, ses chances de ne pas être contaminé sont de 86%, si elle suit le schéma l’efficacité monte à 100%. Une petite révolution d’autant que la personne n’est pas obligée de prendre ses pilules en continu, comme on le pensait à l’origine.

FDA HIV Drug

Comment s’en procurer ?

La prescription du Truvada sera néanmoins très encadrée, réservés aux médecins spécialistes, à l’hôpital mais aussi dans les lieux de dépistage. Les personnes en recevant seront suivies. Le service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Saint-Louis à Paris a déjà commencé au début du mois les premières consultations en France proposant ce traitement préventif, anticipant ainsi un éventuel feu vert des autorités.

Combien coûtera-t-il ?

Rien si l’on en croit la ministre de la santé qui a annoncé que le Truvada sera remboursé à 100% dès janvier. Une bonne nouvelle puisqu’une boîte de 30 cachets vaut environ 500 euros. Mais seul un médecin spécialiste pourra prescrire le Truvada qui sera donc en vente en pharmacie sur ordonnance.

Avec le Truvada, peut-on se passer définitivement du préservatif ?

Le Truvada pourrait changer les stratégies de prévention : actuellement, en effet, les campagnes de sensibilisation ne suffisent plus et le nombre de contaminations, notamment en France, ne recule plus, avec 7.000 personnes qui contractent le virus chaque année. Le Professeur Jean-Michel Molina de l’hôpital Saint-Louis de Paris qui a piloté l’étude met toutefois en garde : « le préservatif reste cependant l’outil essentiel de prévention contre le VIH ». Cependant, « dans certaines situations où le préservatif ne pourrait pas être utilisé, le Truvada pourrait représenter ‘une alternative' », dit-il prudemment.