Boycott campagne prévention sida : Touraine saisit la justice

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Marisol Touraine, la ministre de la Santé, a décidé de saisir la justice administrative après que plusieurs maires, dont ceux d’Angers et d’Aulnay-sous-Bois, ont pris des arrêtés pour retirer de leur commune des affiches de prévention contre le sida mises en place par le gouvernement.

Face à ce qu’elle qualifie de « censure », la ministre de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine, a annoncé donc son intention de saisir la justice administrative. « Pour la santé publique et contre l’homophobie, je saisis la justice après la censure par certains maires de la campagne de prévention du VIH », a-t-elle déclaré dans un tweet.

Tout est parti d’un tweet. Vendredi dernier, Louis Ronssin, responsable de la Manif pour tous dans l’Ouest de la France, poste deux images de ces fameuses affiches en précisant : « Nettoyage en cours à deux pas d’une école primaire ». Sur la première image, l’affiche est intacte. Sur la seconde, le texte qui accompagne la photographie est en train d’être peint en blanc. En réponse, Christine Boutin avait remercié ce militant avant de déclarer : « Mais quelle honte ».

Joint par LCI, Louis Ronssin n’a pas infirmé être l’auteur de cette dégradation, sans confirmer non plus. Il s’est même amusé à semer le doute. « Cette photo peut être interprétée de deux façons. D’un côté, je suis un héros, de l’autre, je suis Satan », a-t-il déclaré avant de dénoncer une campagne « incitant à la débauche ».

Ces affiches ont été installées sur des panneaux JCDecaux un peu partout dans l’Hexagone. Le maire Les Républicains d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), Bruno Beschizza, a donc décidé de prendre un arrêté pour retirer ces affiches de prévention dans sa ville, au nom de la « protection de l’enfance ». « Quand on met des messages subliminaux d’une aventure d’une nuit, d’accouplement sans parler d’amour de manière aussi lapidaire, sur un abribus, sans contextualiser, j’imagine un enfant de cinq ans qui, sans libre-arbitre, peut avoir une certaine confusion dans l’esprit », a estimé le maire sur BFM Paris.

Le maire LR d’Angers a lui aussi décidé de les faire retirer, dénoncant une campagne qui aurait plutôt sa place dans « des magazines pour adultes » que « devant des écoles primaires ». Le maire de Compiègne a également annoncé son intention d’enlever les affiches.

Source : LCI