Plus d’obstacle pour la PMA à toutes les femmes Sep26

Mots-clés

Articles en relation

Partager

Plus d’obstacle pour la PMA à toutes les femmes

Une étape décisive a été franchie hier pour élargir la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de lesbiennes et aux femmes seules. C’était une promesse de campagne du candidat Macron et l’avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) rendu ce mardi va dans ce sens. L’extension de la PMA à toutes les femmes devrait donc figurer avant la fin de l’année dans le projet de loi qui sera débattu par le Parlement début 2019 sur la prochaine révision de la loi de bioéthique.

Le CCNE base son jugement sur le fait que ce changement législatif « peut se concevoir, notamment pour pallier une souffrance induite par une infécondité résultant d’orientations personnelles », juge le CCNE. « Cette souffrance doit être prise en compte ». Cette position a fait débat en son sein. Deux de la quarantaine de membres ont même signé un « avis minoritaire » opposé. Principal point d’achoppement : « Les conséquences pour l’enfant d’une institutionnalisation de l’absence de père, donc de l’absence de l’altérité “ masculin-féminin ” dans la diversité de sa construction psychique ».

“ Une mesure d’égalité ” Le gouvernement ne peut donc plus reculer. « Moi je souhaite qu’on puisse aller au bout, parce que nous avons, pour le coup, un mantra, c’est que nous faisons ce que nous avions annoncé que nous ferons » a précisé le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, sur Europe 1. « C’est une mesure de justice. C’est une mesure d’égalité » a-t-il précisé insistant sur le fait que ce sentiment était partagé « dans son immense majorité à quelques rares exceptions près dans la majorité ».

Très en pointe sur ces questions au sein de La République en marche, le député des Deux-Sèvres, Guillaume Chiche s’est réjoui de l’avis du CCNE. Il voyait dans l’interdiction d’accès à la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes seules une « une discrimination insupportable basée sur l’orientation sexuelle et le statut matrimonial ». Et il précise, pour couper court à certains contre-argumentaires : « En France, il y a environ 25.000 PMA par an. Un quart d’entre elle ne sont pas prescrites pour des problèmes de fertilité. Chez monsieur tout va bien, chez madame aussi… c’est juste une rencontre qui ne se fait pas. »

Pour lui, il faut « que le débat parlementaire soit le plus court possible dans le temps ». Pour éviter les tensions. « Moi, je suis élu des Deux-Sèvres, un département rural où parfois les personnes gay, lesbiennes ou trans se sentent isolées. Je crains que si le débat s’envenime, il puisse y avoir des débordements et des victimes. » Il rappelle que ce n’est pas « un débat nouveau » puisque cela fait plusieurs dizaines d’années que des associations se battent pour.

Surtout, il attend que l’Assemblée nationale aille plus loin. « Un élément fondamental est le remboursement par la sécurité sociale de la PMA. Sinon, une autre discrimination perdurera. Aujourd’hui, pour les femmes qui, légalement, vont pratiquer une PMA à l’étranger, c’est un coût de 30.000 euros. Si la PMA n’est pas remboursée, cette discrimination au portefeuille (même si elle sera moindre NDLR) existera toujours. »