Ukraine : bras de fer entre la police et des ultranationalistes homophobes

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Pravy Sektor a rapporté dans un communiqué la mort de deux de ses combattants, affirmant avoir été attaqué par des « bandits » affiliés à un député qualifié de « trafiquant de drogue » et accusant les policiers d’être à la solde d’un homme politique pro-russe.

Une source au sein des forces de l’ordre a de son côté affirmé que l’incident avait débutée lors d’une rencontre dans un café de Moukatchevé des militants de Pravy Sektor avec des «criminels » locaux cherchant à se « partager les sphères d’influence ». Une querelle suivie d’un échange de tirs a ensuite éclaté, a précisé le parquet régional dans un communiqué.

Une centaine de membres de Pravy Sektor ont manifesté dans la soirée devant le siège de la présidence à Kiev, exigeant l’arrêt des opérations visant leurs camarades dans l’Ouest.

Cet incident met en lumière le problème du trafic d’armes dans le pays, en proie depuis quinze mois à un meurtrier conflit armé dans l’est séparatiste pro-russe, et celui posé par le retour à la vie civile des volontaires combattant contre les rebelles aux côtés de l’armée ukrainienne.

Totalement inconnu il y a deux ans, Pravy Sektor avait acquis une grande popularité auprès des manifestants sur le Maïdan à Kiev. Faisant pleuvoir pavés et cocktails Molotov sur les policiers, ce groupe a radicalisé la contestation pro-occidentale qui s’est soldée au bout de trois mois par un bain de sang et entraîné la chute du régime pro-russe de Viktor Ianoukovitch en février 2014.

Qualifié de « fasciste » par les médias publics russes et les habitants des régions prorusses de l’Est de l’Ukraine, Pravy Sektor, dont deux responsables ont été élus au Parlement en octobre dernier, se dit « nationaliste, mais pas fasciste » tout en étant ouvertement homophobe.

Les forces de l’ordre et des ultranationalistes lourdement armés étaient engagés dans un bras de fer dimanche dans l’ouest de l’Ukraine, ces derniers refusant de déposer les armes et montant des barrages routiers pour empêcher l’arrivée de renforts policiers.

Avec AFP